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Une frappe de drone sur un marché d'Abyei fait au moins 153 morts

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Une frappe de drone sur le marché d'Amiet, dans la région frontalière disputée d'Abyei, entre le Soudan et le Soudan du Sud, a touché un dépôt de carburant et tué au moins 153 personnes, provoquant un immense incendie, ont rapporté The Associated Press et Reuters.

L'attaque a eu lieu lundi vers 11 h 30, heure locale, à environ 10 kilomètres au nord de la ville d'Abyei. Les autorités locales avaient d'abord fait état de 73 victimes, mais le bilan a ensuite plus que doublé. La ministre de l'Information par intérim d'Abyei, Johanna Akol Ngor, a accusé l'armée soudanaise. « Nous avons recensé 153 morts », a déclaré Ngor, ajoutant que le chiffre continuait d'augmenter, car l'incendie n'a pas pu être maîtrisé pendant longtemps. Les autorités de la région ont catégoriquement démenti la présence de militaires sur le marché.

Les témoins et la version de l'armée

Des témoins ont raconté à Reuters qu'au moins cinq fortes explosions s'étaient produites, après quoi les flammes avaient instantanément englouti le marché. Un haut gradé soudanais, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a confirmé une opération de drones. Selon lui, les cibles étaient des camions-citernes arrivés du Soudan du Sud et se dirigeant vers les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire. « Nous ne frappons pas les civils », a affirmé l'officier, soutenant que tous les morts étaient des combattants des FSR ou des personnes impliquées dans la contrebande de carburant, et que la frappe avait été menée en dehors de la zone démilitarisée convenue.

Réponse médicale et réactions

Médecins sans frontières (MSF) a indiqué que des blessés graves affluaient à l'hôpital d'Amet Bek. Le coordinateur du programme médical, le docteur Christian Lindauer, a déclaré que les médecins avaient reçu plus de 20 patients dans un état critique, souffrant de brûlures graves et de blessures causées par des éclats.

Les Nations unies ont condamné la frappe. Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que le nombre croissant d'attaques de drones contre des infrastructures civiles faisait « partie d'une tendance profondément préoccupante ». Le ministère des Affaires étrangères du Soudan du Sud a accusé l'armée soudanaise, a convoqué l'ambassadeur du Soudan en signe de protestation et a exhorté Khartoum à éviter les actions qui mettent en danger les civils et à régler toutes les questions frontalières par la voie diplomatique.

Contexte

La région pétrolifère d'Abyei est disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud depuis l'accord de paix de 2005 et l'indépendance du Soudan du Sud en 2011 ; son statut définitif n'est pas réglé, et la sécurité y est assurée par la force intérimaire de l'ONU, la FISNUA. Une guerre à grande échelle entre l'armée soudanaise et les FSR a éclaté en avril 2023. Depuis, le marché d'Amiet est devenu un pôle stratégique de commerce et de logistique qui approvisionne en nourriture, en médicaments et en carburant le Darfour et le Kordofan, ravagés par la guerre, depuis le Soudan du Sud. Ces derniers mois, l'armée soudanaise a fortement intensifié les frappes de drones contre les chaînes d'approvisionnement à l'arrière des FSR, ce qui cause régulièrement de nombreuses victimes civiles. Retrouvez plus d'actualités internationales dans notre rubrique monde.

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