Le tribunal municipal de Prague a ouvert le procès de quatre ressortissants ukrainiens et d'une citoyenne tchèque accusés d'enlèvement, de séquestration et de vol à l'encontre d'une jeune femme de 21 ans. La procédure judiciaire, qui a débuté le 30 mars, pourrait valoir aux accusés jusqu'à 10 ans de prison, les charges actuelles pouvant être requalifiées en extorsion.
Les accusés sont Stepan Pop, 26 ans, Andrian Kerekhanyn, 24 ans, Andriy Bedey et Mykhailo Fedoranych, tous deux âgés de 21 ans, ainsi que Maria-Anna Bochanova, 20 ans. Selon les enquêteurs, le groupe a orchestré l'enlèvement en avril 2025 pour soutirer de force 260 000 couronnes tchèques à la victime. Les suspects alléguaient que la jeune femme avait « blanchi » cet argent via son compte bancaire à la suite d'une escroquerie sur Internet.
Les documents judiciaires révèlent un calvaire terrifiant. Le groupe aurait attiré la jeune femme dans un véhicule où elle a été soumise à de fortes pressions psychologiques et à des violences physiques. Ses ravisseurs ont utilisé du gaz poivré sur elle à deux reprises, l'enfermant à un moment donné dans la voiture remplie de gaz. Après l'avoir temporairement laissée sortir, l'un des agresseurs a pointé une arme à feu sur elle en exigeant les fonds, tandis qu'un autre menaçait de l'asperger à nouveau « pour chaque mauvaise réponse ». La victime a ensuite été transférée dans un lieu tenu secret et on lui a dit qu'elle serait « tuée et enterrée » si l'argent n'était pas remis avant minuit.
Sous la contrainte, la victime a partiellement obtempéré en demandant à sa colocataire de remettre son téléphone portable aux ravisseurs. La situation a pris un tournant décisif lorsque les ravisseurs ont ramené la victime à son appartement pour qu'elle se change. Faisant preuve d'une grande présence d'esprit, la colocataire est parvenue à enfermer la victime et son « escorte » dans une pièce et a immédiatement alerté la police.
Au cours des audiences, trois des accusés masculins ont reconnu leur rôle dans le crime mais ont fermement nié avoir opéré en tant que groupe organisé. Ce procès s'inscrit dans un contexte de répression régionale récente de la criminalité transnationale ; la semaine dernière encore, les autorités polonaises ont annoncé l'arrestation d'un important « voleur dans la loi » ukrainien, après l'arrestation d'un faux-monnayeur ukrainien et de son complice russe.
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