Cité du Vatican — Le pape Léon XIV, aux côtés de hauts responsables du Vatican dont le cardinal secrétaire d'État Pietro Parolin, a exprimé à plusieurs reprises sa ferme opposition à la guerre en cours en Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël à la fin du mois de février. Cependant, le pontife d'origine américaine s'est abstenu de nommer explicitement le président américain Donald Trump ou les nations responsables de l'offensive militaire.
Le message du Vatican a fortement mis l'accent sur le bilan catastrophique pour les civils. Dans les premières heures du conflit, des missiles américains ont frappé une école de filles dans la ville de Minab, au sud de l'Iran, entraînant la mort de plus de 160 personnes, principalement des écolières. La responsabilité des États-Unis dans cette frappe a depuis été confirmée.
Mettant en lumière cette tragédie, le journal du Vatican Osservatore Romano a récemment publié en première page une photographie aérienne saisissante de pelleteuses creusant des fosses communes pour les victimes. Sous le titre « Il volto della guerra » (Le visage de la guerre), la publication a souligné la volonté du Saint-Siège de se concentrer sur les victimes plutôt que sur les acteurs géopolitiques.
Le pape Léon XIV a reflété ce sentiment à travers une série de déclarations publiques. Lors d'une prière du midi le dimanche 22 mars, il a exprimé son profond « désarroi » face à la crise au Moyen-Orient, qualifiant la souffrance des « victimes sans défense » de « scandale pour toute la famille humaine ». Le lendemain, lors d'une audience avec la compagnie aérienne italienne ITA, il a vivement critiqué l'utilisation militaire des avions, affirmant que les bombardements aériens devraient être universellement interdits. Mardi soir, s'adressant à des journalistes depuis Castel Gandolfo, il a réitéré son appel : « Nous devons travailler pour la paix, mais pas avec des armes », déplorant l'aggravation de la violence mondiale et l'augmentation du nombre de morts.
Massimo Faggioli, professeur de théologie au Trinity College de Dublin, qui a quitté les États-Unis pour l'Irlande en 2025 après l'investiture de Trump, note que si les appels au dialogue du pape ont été « fréquents et clairs », ils restent « toujours indirects ». Le pontife a délibérément évité de nommer ceux qui ordonnent les bombardements.
Cette approche marque une rupture avec son prédécesseur, le pape François (2013-2025). En septembre 2013, François avait activement organisé une veillée de prière sur la place Saint-Pierre pour dissuader une éventuelle action militaire en Syrie par le président américain de l'époque, Barack Obama. En revanche, le pape Léon XIV n'a pas modifié son emploi du temps officiel pour lancer un signal symbolique aussi fort.
Alors que le pape maintient une ambiguïté diplomatique, d'autres hauts responsables de l'Église ont été beaucoup plus explicites. Le cardinal de Chicago, Blase Cupich, et le cardinal de Munich, Reinhard Marx, ont tous deux publiquement dépouillé la guerre en Iran de toute légitimité juridique internationale. Peu après les premières frappes sur Téhéran, Cupich a mis en garde contre la violation de la souveraineté des États, tandis que Marx a purement et simplement condamné la campagne comme une « guerre illégitime » inacceptable.
Le conflit géopolitique provoque également des remous politiques intérieurs aux États-Unis. Les électeurs catholiques, qui avaient légèrement favorisé Trump lors des élections de l'automne 2024, prennent de plus en plus leurs distances avec les politiques militaires et d'immigration de son administration. Selon les médias américains, même les catholiques conservateurs autrefois alignés sur le mouvement MAGA expriment aujourd'hui leur dissidence.
Ce revirement de situation pose un défi unique aux personnalités de premier plan de l'administration Trump, notamment le vice-président JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio. Les deux hommes sont des catholiques pratiquants qui ont fièrement rendu visite au pape Léon XIV avec leurs épouses le lendemain de son élection, mais qui se retrouvent aujourd'hui à mener une guerre de plus en plus impopulaire au sein de leur propre communauté religieuse.
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